Eco-consommation et déchets

La collecte, le transport et le traitement des déchets ont un fort impact sur l’environnement et le climat. Mais avant même la fin de vie des produits, c'est chaque acte d'achat qui doit être questionné.

L'essentiel

État des lieux et perspectives métropolitaines

Chaque seconde, 8 kg de déchets sont générés par l’ensemble des 450 000 habitant·es de la métropole grenobloise (incluant les déchets des communes et des petites entreprises collectées par le service public). Cela revient, chaque année, à 494 kg de déchets ramenés à l’habitant·e, dont 183 kg qui ne sont pas triés et sont jetés dans la poubelle grise. Par ailleurs, 40 % des déchets déposés dans la poubelle de tri sont des erreurs (supérieur à la moyenne nationale).

La poubelle d’ordures ménagères réduite de moitié, deux tiers des déchets recyclés : tels sont les principaux objectifs que fixe le Schéma directeur déchets pour le territoire d'ici à 2030. Plusieurs leviers permettent d'y parvenir : soutien au réemploi des objets, tri et collecte des déchets alimentaires, part variable dans la facturation selon le nombre de fois où le conteneur est présenté, contrôle renforcé de la qualité du tri… 

Quels impacts sur le climat ?

  • Le cycle de vie du produit : de l’extraction des matières premières (pétrole, métaux, denrées agricoles…) à la distribution des biens manufacturés, en passant par les phases de transformation et de transport, des gaz à effet de serre sont émis à chaque étape du cycle de vie du produit, avant qu'il ne devienne déchet. L’utilisation du produit peut également avoir un impact important (consommation d’énergie, d’eau, de piles, produit jetable ou de mauvaise qualité…) : c'est pourquoi il est important de prendre le temps de bien comparer avant de choisir.
  • La collecte et le transport des déchets : à l’échelle métropolitaine, ce sont 222 614 tonnes de déchets qui sont collectées annuellement par camion pour être transportées vers les centres de traitement ou qui sont amenées en déchèteries.
  • Le recyclage des déchets : bien que recycler les déchets diminue leur impact sur l’environnement, il ne faut pas oublier que ce processus est lui-même source d'émissions. Il consomme de grandes quantités d’énergie et l’acheminement des déchets du centre de tri d’Athanor jusqu’aux entreprises de recyclage génère du transport routier à travers la France (Vosges, Ain, Drôme…) et même au-delà (Espagne).
  • Le traitement des déchets : à l’échelle métropolitaine, 47 % des déchets sont recyclés, 46 % sont incinérés et 7 % sont enfouis. La contribution d’Athanor aux émissions atmosphériques de NOx représente environ 5 %. Pour les particules PM10, la contribution d’Athanor est de l’ordre de 2 %.

 A noter que ces chiffres portent sur les déchets collectés par le service public métropolitain. Il faut donc y rajouter la production de déchets des organisations qui sont collectés par des entreprises privées.

Quelles solutions ?

La priorité est la réduction des déchets à la source puis, dans un second temps, la valorisation de la part restante par le recyclage et le compostage.

  • Produire et consommer sobrement : privilégier les produits non jetables, conçus pour durer et in fine être recyclés, limiter les achats et emballages superflus, le gaspillage alimentaire… On parle d’éco-consommation et de sobriété.
  • Optimiser l’usage : allonger la durée de vie et le taux d'usage d’un objet pour éviter d’en fabriquer de nouveaux (soins apportés, entretien), en mutualisant certains objets, en achetant de seconde main, en optant pour la réparation, en donnant plutôt qu’en jetant…
  • Préserver la matière : traiter séparément les biodéchets pour en faire du compost, trier les déchets recyclables pour récupérer une partie des matières afin de les réintégrer dans un circuit de production.

L'éco-consommation

L’éco-consommation permet de réduire les déchets à la source mais a également d’autres atouts. Les produits neufs ont souvent un impact négatif sur la santé humaine à cause des émissions de composés organiques volatils (COV) ou encore des nanomatériaux présents dans les produits (mobilier, vêtements…). La seconde main, cela revient à acheter des produits s’étant globalement débarrassés, dans leur précédente vie, de tous ces polluants. L’éco-consommation, c’est aussi réduire ses dépenses et gagner en autonomie en apprenant à faire soi-même. La SPL ALEC organise des ateliers éco-consommation dans des lieux de vie communaux (centre social, maison de quartier, association…) et propose également une formation à l’animation de ce type d’ateliers à destination des professionnels (travailleurs·euses sociaux, animateurs·trices…).

La sobriété

Bien qu'il n'existe pas une définition officielle de ce terme appliqué à l'environnement, il est possible de l’illustrer par « moins mais mieux ». A-t-on réellement besoin de ce nouveau téléphone ? Pourquoi ne pas emprunter ou louer cet outil plutôt que de l’acheter ? Et si on fabriquait soi-même ses produits cosmétiques ou ménagers ? Chaque futur achat peut être passé au crible de la sobriété. L’association nationale Zero Waste France propose le défi « rien de neuf » pour inciter à se poser la question « Puis-je faire autrement ? » avant tout achat.

Plus d’informations sur la lutte contre le gaspillage alimentaire et le compostage.

Quelles actions pour les communes ?

La Métropole exerce la compétence déchets mais les communes, au contact direct des particuliers, ont de nombreux outils à leur disposition. En voici quelques exemples.

  • Agir avec la Métropole en co-organisant des événements : ressourceries ou déchèteries mobiles, bornes de tri textiles, marché zéro déchets…
  • Agir à la source : limiter la publicité sur le territoire communal (celle-ci incitant à la surconsommation d’objets à l’utilité contestable) ; apporter un soutien aux structures locales de réemploi et associations ou collectifs travaillant sur l’éco-consommation (ressourcerie, brocante, vide-grenier, zone de gratuité, ateliers de réparation…) ; organiser des ateliers et autres événements aidant au changement de comportements, en lien avec la SPL ALEC ou les messagers·ères du tri métropolitains ; travailler avec les commerçant·es pour une plus grande offre de vrac et la mise en place de consigne de vaisselle ou d'emballages ou des bouteilles en verre
  • Agir pour le tri en installant des poubelles de tri sur la voie publique.
  • Donner l’exemple : utiliser des éco-cups et de la vaisselle réutilisable lors d’événements organisés par la commune, éviter les bouteilles d’eau en plastique lors des réunions (pichets d’eau et verres lavables) et les gobelets en plastique aux machines à café (chacun·e vient avec sa tasse).

Sources : Rapport annuel sur la qualité et le coût du service public de prévention et gestion des déchets, Grenoble-Alpes Métropole, 2019 ; Réseau Action Climat

Les bonnes pratiques

Eybens : le magasin pour rien

Eybens
Depuis 2014, la commune, via son CCAS, gère ce lieu de vie dans lequel on peut déposer ou prendre des objets du quotidien, afin de leur donner une seconde vie. Ce sont des bénévoles qui tiennent les deux permanences hebdomadaires du magasin : quatre bénévoles régulier·ères et quatre occasionnel·les, dont au moins deux à chaque ouverture avec un·e agent·e du CCAS. Les particuliers peuvent venir une fois par semaine prendre 4 objets par personne. Tous les objets (à l'exception des vêtements pour adulte) peuvent être donnés au magasin, à condition qu'ils soient en bon état. Le magasin pour rien est également un lieu de convivialité, ou chacun·e peut venir boire un café, manger un biscuit ou apporter un gouter à partager. Il est un lieu d'échanges et de discussion autour de la vie du quartier et peut permettre de développer de nouveaux projets. Pour éviter d'avoir des objets volumineux qui encombreraient le magasin, l'équipe des bénévoles prend une photo de ce bien de grande taille, qui sera affichée en magasin, avant de se charger de faire le lien entre la personne qui donne et celle qui reçoit. Le magasin rencontre un véritable succès puisque environ 120 personnes le fréquentent chaque semaine, principalement des habitant·es du quartier des Maisons Neuves mais aussi au-delà.

Contact à Eybens : Johann Garin, Coordinateur de la vie sociale - johann.garin@eybens.fr

Mise à jour août 2020

Grenoble : non renouvellement du marché d’affichage publicitaire

Grenoble
En 2015, la ville de Grenoble a fait le choix de ne pas relancer un nouvel appel d’offre pour de l’affichage publicitaire, à l’échéance de son marché avec la société JC Decaux. 326 panneaux publicitaires ont ainsi disparu de l’espace public dont 227 « sucettes » (120 x 176 cm), 20 colonnes et 64 grands panneaux (8m²). Soit au total plus de 2000m² de publicité en moins dans la ville. L’affichage municipal et culturel a été redéployé. La ville précise avoir compensé ce « manque à gagner » par les économies réalisées sur son budget protocolaire. Plus d’information dans le dossier de presse de Grenoble.

Contact à Grenoble : Leila Djebablia-Chenafi, Service juridique (mutualisé avec Grenoble-Alpes Métropole) - djamal.djebablia@grenoblealpesmetropole.fr

Mise à jour août 2020

La Tronche : Batitec, magasin éphémère de matériaux de déconstruction

Grenoble-Alpes Métropole

 Dans le cadre du chantier de déconstruction et d'aménagement du site du Cadran solaire à La Tronche, une matériauthèque éphémère, baptisée Batitec, propose aux particuliers et aux professionnels d'acquérir des matériaux issus de la déconstruction. La Batitec ouvre ses portes chaque fin de semaine, jusqu'en juillet 2021.

L'étape en cours consiste à déconstruire de façon méthodique et sélective les bâtiments du site, pour permettre la récupération et la vente sur place de matériaux ou mobilier en prévision de leur réemploi. Confié à l'association Aplomb, via son pôle Eco'Mat38, le chantier a démarré en février avec le démantèlement de 4 bâtiments sur l'ensemble du complexe. Il concerne en premier lieu le mobilier, les aménagements et matériaux du second œuvre, en second lieu les matériaux inertes tels que les bois de charpentes, les pierres granit, les tuiles...

« L'une des premières étapes consiste à curer les bâtiments, c'est-à-dire les vider, explique Bruno Jalabert, co-directeur d'Aplomb. Ce qui est évacué est traditionnellement trié par matériau (verre, fer, bois...) pour être jeté. Mais nous, nous allons plus loin : nous déconstruisons pour réemployer. »

Plus d'info sur la Batitec

Contact Eco'Mat38 : Mathilde BALLOUHEY 07 81 45 30 36 - ballouhey@aplomb38.org 

Mise à jour juin 2021

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