Administration exemplaire

Les communes encouragent et facilitent l’implication des acteurs du territoire dans la transition écologique mais elles ont aussi un devoir d’exemplarité. Consommation d’énergie, mobilité, réduction et tri des déchets… Elles peuvent agir sur de nombreux aspects.

L'essentiel

Les activités quotidiennes d’une collectivité ont des impacts sur le climat, l’air et l’énergie. Mettre en place une démarche éco-exemplaire au sein de sa commune permet de sensibiliser ses agent·es et garantit une continuité entre le domicile et le travail pour les agent·es déjà mobilisés dans la sphère privée. Une telle démarche apporte également de la cohérence aux messages portés par la commune en direction des habitant·es et des autres acteurs du territoire.

Sujets sur lesquels la commune peut agir dans une recherche d’exemplarité :

  • Les consommations énergétiques et d’eau (plus d'informations dans les pages Patrimoine Bâti, Éclairage public, EnR&R)
  • La mobilité (voir la page Véhicules)
  • La réduction et le tri des déchets (voir la page Eco-consommation et déchets)
  • Les achats publics
  • L'organisation d'événements
  • Les pratiques numériques
  • La propreté urbaine et le nettoyage des bâtiments communaux
  • La qualité de l’air intérieur (voir la page Patrimoine Bâti)
  • La sensibilisation et la mobilisation de ses agent·es et des publics avec lesquels elle est en contact

Zoom sur l’entretien des locaux et de la voirie

Le nettoyage des équipements communaux affecte la santé des agent·es d’entretien et des usagers·ères car il influe sur la qualité de l’air intérieur. Il est possible de simplifier et réduire le nombre d’interventions dans les locaux mais aussi le nombre de produits utilisés. Les produits chimiques peuvent être remplacés par des produits naturels, comme le vinaigre blanc, le bicarbonate de soude, le savon noir ou de Marseille, ou éco-labellisés.

Pour ce qui est de la propreté urbaine, la balayeuse est fortement consommatrice de carburant : une réflexion peut être menée pour rationaliser son utilisation (fréquence, lieux de passage…). Lorsqu’il neige, les traitements mécaniques sont à privilégier (déneigeuse, épandage de sable, copeaux de bois, gravillons rocheux…), plutôt que le salage des routes qui a un fort impact sur l’environnement, notamment sur la faune et la flore. Les crapauds sont, par exemple, très sensibles au taux de salinité. Le sel peut aussi brûler le feuillage des végétaux, provoquer un dessèchement des racines ou modifier les propriétés des sols, comme leur perméabilité. Par réaction chimique, il peut également « libérer » les métaux lourds présents sur les routes (plomb, zinc, aluminium), provenant notamment des carrosseries ou des pneumatiques, et entraîner leur dispersion dans la nature et sur les terres agricoles via l'irrigation et le ruissellement.

Zoom sur la réduction et la gestion des déchets

Les déchets générés par une commune sont principalement issus de : l’assainissement, l’entretien des espaces verts (voir la page Espaces verts), des marchés et de la voirie, des travaux (voir la page Aménagement), des services administratifs, des établissements scolaires (voir la page Agriculture et alimentation), de l'organisation d'événements.

Pour chacun de ces postes, il est possible de mener des actions pour réduire les déchets et trier ceux qu’il est impossible d'éviter. Mettre en place le tri des déchets dans ses équipements est une action importante qui nécessite l’implication de différents services et la mobilisation de tous et toutes. Il est cependant nécessaire de mener en parallèle des actions en amont pour éviter la production de déchets.

Par exemple : dans les bureaux, on travaillera à la réduction de la consommation de papier et de fournitures de bureau ainsi que de produits jetables ; pour le nettoyage des bâtiments, on mènera des actions de « prévention qualitative » pour réduire l’utilisation de produits toxiques. Plus d’informations dans le guide des actions éco-exemplaires de l’ADEME.

Zoom sur les achats publics responsables

Le Plan national d’action pour des achats publics durables 2015-2020 précise que la commande publique durable intègre des dispositions en faveur de la protection ou de la mise en valeur de l’environnement, du progrès social et favorisant le développement économique. Elle intègre toutes les étapes du marché et de la vie du produit ou de la prestation. Les enjeux environnementaux, économiques et sociaux sont multiples : par exemple réduction des déchets issus des chantiers publics, approvisionnements responsables en restauration collective, réduction des consommations énergétiques, soutien à l’insertion des personnes éloignées de l’emploi... Par leurs pratiques d’achats, les acteurs publics ont un impact fort sur l’écosystème régional. L’agence Auvergne-Rhône-Alpes Énergie Environnement accompagne depuis de nombreuses années les collectivités à l’intégration du développement durable dans leurs marchés publics.

Zoom sur l’impact des travaux publics

Les déchets du BTP représentent la grande majorité des déchets produits à l’échelle nationale (227,5 Mt sur 345 Mt tous déchets confondus). Les déchets des travaux publics (TP) comptent pour plus de 80 % de ces déchets du BTP (185,3Mt). Il existe donc dans ce secteur un énorme enjeu de réduction et de réemploi des matières, de réutilisation et de recyclage des déchets des TP. D’autant que les TP sont par ailleurs de grands consommateurs de ressources ! 

La gestion des terres excavées est une problématique majeure des chantiers nécessitant des opérations de terrassement. L’ADEME, dans un dossier consacré au sujet dans le n°116 de son magazine, propose d’anticiper au maximum pour assurer leur réemploi sur d’autres chantiers, et pose même la question de la pertinence de leur excavation dans certains cas.

Les bonnes pratiques

Gières : nettoyage des sols en PVC sans produit chimique

Gières
En 2019, la commune a mené un travail pour réduire l'utilisation de nettoyant chimique pour ses sols afin notamment d'améliorer la qualité de l'air intérieur dans ses bâtiments. En effet, le nettoyage des sols nécessitait jusque là d'utiliser un décapant, un bouche-pores (pour la préparation des sols) et une émulsion. Pour remplacer ces produits, Gières a opté pour un nettoyage mécanique des sols plastiques, vinyles ou linoléum à l'aide de disques abrasifs spécifiques, qui nécessite seulement un mouillage à l'eau. Cette technique donne de très bons résultats. Toutes les salissures sont supprimées. On retrouve l'état de surface originel du revêtement : brillant, satiné ou mat. Seul bémol : sur les vieux revêtements mal entretenus, il arrive parfois qu'une couche épaisse de cirage chimique se soit accumulé au fil des années. Le décapage mécanique ne parvient pas forcément à éliminer entièrement cette couche à la première intervention. Il s'ensuit parfois un effet de marbrure mais qui s'estompe un peu plus à chaque décapage.

L'un des avantages de ce nettoyage mécanique est qu'il n'empêche pas la circulation des personnes (sous réserve d'éponger le sol à mesure pour éviter les risques de glissade), alors que le décapage et le cirage chimiques nécessitent de neutraliser la zone traitée pendant plusieurs heures. Par ailleurs, les meubles peuvent rester dans la pièce à traiter et n'ont pas à être déplacés dans une autre pièce : ils peuvent en effet être reposés immédiatement sur le sol décapé. Cela évite donc des manutentions qui sont difficiles à organiser et éprouvantes pour le personnel.

Autre expérience giéroise : le sol de la salle des mariages de la mairie a été remplacé par un véritable linoléum composé, pour l'essentiel, de matières naturelles. On évite ainsi les problèmes liés aux revêtements synthétiques (gaspillage d'énergie, pollution de l'air, difficultés de recyclage) tout en conservant l'esthétique et la facilité d'entretien.

Contact : Philippe Ravix, Technicien bâtiment travaux publics, Service technique urbanisme environnement - philippe.ravix@gieres.fr

Mise à jour août 2020

Le Pont-de-Claix : des produits ménagers naturels dans les crèches

SPL ALEC Grande Région Grenobloise
Depuis la rentrée de septembre 2019, toutes les crèches gérées par la commune ont mis au placard les produits chimiques pour utiliser vinaigre blanc, bicarbonate de soude et savon noir (hors période de pandémie). L’objectif ? Améliorer la qualité de l’air dans ces équipements et réduire les risques pour la santé des agent·es effectuant le nettoyage. La démarche a d’abord démarré par un travail en direction des équipes des crèches, des parents et avec l’Instance Régionale d'Éducation et de Promotion Santé (IREPS) Auvergne-Rhône-Alpes. Une crèche test a expérimenté les nouveaux produits entre février et juillet 2019. Convaincues, les agentes ont témoigné auprès de leurs collègues des autres crèches qui leur ont emboité le pas en septembre 2019. Pour aider au dosage et à la prise en main, un protocole a été mis en place. Les agent·es du magasin jouent également le jeu : ce sont elles et eux qui achètent en supermarché les nouveaux produits. Par ailleurs, ce changement a permis de réaliser des économies. Pour généraliser cette pratique à d’autres établissements, tels que les écoles, le mieux serait d’inclure dans le marché public de fourniture des produits de nettoyage une clause pour accéder à ces produits naturels, voire même de prévoir un lot spécifique pour s’assurer qu’une entreprise pourra répondre à cette demande.

Contact au Pont-de-Claix : Émilie Marché, Puéricultrice & Référente santé, Service Petite enfance - emilie.marche@ville-pontdeclaix.fr

Mise à jour août 2020

Claix, Eybens, Grenoble ville et CCAS : tri des déchets dans les locaux

CCAS de Grenoble

Ces communes ont mis en place des points de tri mutualisés dans les parties communes de certains bâtiments administratifs et supprimé les corbeilles individuelles de bureaux. Cela permet notamment d’améliorer la quantité et la qualité du tri (affichage des consignes, codes couleur efficace, etc.) et de réduire le temps et la pénibilité de travail des agent·es d’entretien.

Pour la commune de Grenoble, ce changement, qui porte sur huit sites pilotes, s'est déroulé en plusieurs étapes. 1/ Diagnostic sur site pour identifier les typologies de déchets produits, le circuit de collecte mis en place et ses éventuelles défaillances. 2/ Identification des lieux de points d'apport volontaire dans les bâtiments (photocopieur, salle de pause/machine à café, couloir...). 3/ Déploiement des nouvelles poubelles de tri et récupération des anciennes poubelles individuelles de bureau. Concomitamment, intervention des messagers·ères du tri de la Métropole, pour sensibiliser les agent·es du bâtiment aux consignes de tri en vigueur. 4/ Retour vers les sites quelques semaines après le déploiement de la collecte sélective pour débriefer et faire le point sur les éventuelles améliorations à apporter. L'achat et la fourniture de poubelles de tri grand format adaptées à la collecte sélective en point d'apport volontaires, permettant d'inscrire les consignes de tri et de respecter le code couleur de la Métropole se sont faits via un appel d'offres. Les premières observations ont montré une amélioration de la qualité du tri (meilleur respect des consignes, réévaluation de la redevance spéciale) et une satisfaction des équipes d'entretien car le ramassage des poubelles est devenu moins chronophage et le geste moins pénible grâce à du matériel plus adapté. Cette expérimentation a donc vocation à s'étendre à d'autres sites dont en premier lieu les Maisons des Habitant·es.

Contact à Grenoble : Pauline Vinay, Cheffe de projets mobilité et démarches environnementales -  pauline.vinay@grenoble.fr

Mise à jour août 2020

Grenoble : sensibilisation des agent·es de la ville

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La commune mobilise ses agent·es sur la question de la sobriété énergétique (économies d'énergie par les changements de comportement, responsabilisation, acculturation...). A l'hôtel de ville, des affiches sur les éco-gestes ont été apposées, des sessions de sensibilisation et des visites de locaux techniques organisées. L'intranet de la ville dispose d'une rubrique « Vie pratique / éco-gestes » avec des informations et conseils sur un thème précis tous les deux mois : chauffage, climatisation, éclairage, numérique, gouvernance. Des actualités sont régulièrement diffusées telle que celle-ci sur l'empreinte carbone et des ressources sont mises à disposition tel que ce récapitulatif de liens utiles. Des affiches ont été réalisées, comme celle illustrant ce texte, et servent de support aux sessions de sensibilisation des agent·es : durant 40 minutes, une discussion est animée autour des actions de la commune et des actions individuelles possibles. L'affiche est ensuite apposée dans le bâtiment avec les agent·es ayant participé à la session. Ces actions s'inscrivent dans une démarche globale de mobilisation des utilisateurs·trices de bâtiments communaux (agent·es, associations, visiteurs·euses), notamment dans le cadre de la labellisation Cit'ergie.

Contact à Grenoble : Fabien Dupré, Service transition énergétique - fabien.dupre@grenoble.fr

Mise à jour août 2020

Les ressources

 Mobilités :

Commande publique durable :