Déconnexion des eaux pluviales : exemple de la rue d’Arsonval

Ressources en eau Plantation, végétalisation et désimperméabilisation
L’objectif du projet était de transformer cette « arrière-rue » en un espace confortable, piétonnisé et planté (une « place aux étudiant·es »), intégrant la gestion des eaux pluviales.
La rue d’Arsonval est bordée par un IUT d’un côté, et par le CROUS de l’autre.
Le projet, co-porté par Grenoble Alpes Métropole et la Ville de Grenoble, a été premièrement financé grâce aux crédits du Plan Canopée, qui contient à la fois des objectifs en termes de plantations mais aussi d’infiltration de l’eau. Le projet initial permettait ainsi aucun rejet des eaux pluviales dans le réseau unitaire, notamment grâce la création de massifs plantés et d’une noue centrale (« le petit ru dans la rue à côté du RU (restaurant universitaire) ! »).
En parallèle, le Département de l’Eau et des Régies de la Métropole, et notamment la Mission Gestion Intégrée des Eaux pluviales (GIEP), a disposé d’une enveloppe budgétaire pour abonder le financement de projets qui pouvaient intégrer la déconnexion des eaux de toiture (gouttières) dans leur aménagement.
La mission GIEP a donc fait une étude pour connaître les volumes d’eau de toiture à prendre en charge dans le projet de la rue d’Arsonval. Grâce à ces données, le bureau d’étude Aménagement des espaces publics (maître d’œuvre public, service commun à GAM et à la Ville de Grenoble), a ajusté les calculs et remanié le projet pour intégrer les eaux de toiture dans le dimensionnement des ouvrages.
À savoir :
· Pour connaître les capacités d’infiltration du sol dans un projet d’aménagement et dimensionner les ouvrages, une étude d’infiltration est menée par un bureau d’étude spécialisé : carottage, étude des différentes strates du sol, et test d’infiltration de l’eau. Dans la rue d’Arsonval, l’indice d’infiltration est très bon, notamment grâce aux galets et aux déblais présents dans le sol.
· L’objectif de Grenoble Alpes Métropole est de réaliser des aménagements qui traitent au maximum l’eau en surface et évitent la création d’ouvrages enterrés, pour plusieurs raisons : vision directe du stockage de l’eau, gestion plus facile et rapide en cas de problème (aucun ouvrage à curer notamment), présence d’espaces végétalisés et donc d’îlots de fraîcheur, prise de conscience par les usagers de la présence et de l’infiltration de l’eau.
Les eaux de toiture ont donc été intégrées dans le projet d’aménagement de la rue d’Arsonval, et deux systèmes différents sont utilisés pour cela. Le CROUS ayant été rénové récemment, les eaux pluviales étaient déjà recueillies grâce à une gouttière spécifique, mais qui se jetait dans le réseau unitaire. Le projet a permis de déconnecter ce rejet et de créer un puits perdu intégré dans l’aménagement de la rue. Pour l’IUT, les gouttières ont été « coupées » et sont maintenant rejetées directement dans les massifs plantés.
Le projet a été livré à l’été 2025. Presque an après l’aménagement de la rue, les retours sont très positifs :
· Aucun « désordre » n’a été constaté, y compris après les épisodes de fortes pluies ;
· Les employé·es de l’IUT constatent que cela améliore leur cadre de travail ;
· Cet espace est bien utilisé par les étudiant·es, à la fois comme espace de pause mais aussi pour faire la queue pour rentrer au RU ;
· La rue accueille également de nombreux·ses habitant·es, grâce à son cadre confortable : végétation, revêtement clair pour limiter la chaleur du sol, fontaine à eau sur l’espace public.
Points de vigilance :
· Déconnecter les gouttières, qui appartiennent au domaine privé, pose la question du portage des travaux et de la responsabilité pour l’entretien ou en cas de problème ;
· La plantation de massifs en pieds de bâtiments est également un enjeu : des aménagements doivent être prévus pour éviter les infiltrations, notamment en sous-sols.
Contacts :
Patrice Cantone, Responsable Unité Maîtrise d’œuvre Ouest et Chef de projet au Bureau d’études Aménagement des espaces publics (Service commun Grenoble Alpes Métropole / Ville de Grenoble), patrice.cantone@grenoblealpesmetropole.fr
Caroline MERLET, Chargée d’études, accompagnement et animation « déconnexion des eaux pluviales », Mission Gestion Intégrée des Eaux Pluviales, Département de l’Eau et des Régies, caroline.merlet@grenoblealpesmetropole.fr
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