Quand la précarité énergétique creuse les inégalités sociales

Quand la précarité énergétique creuse les inégalités sociales
Quand la précarité énergétique creuse les inégalités sociales : AURG
Inégalités

Lutter contre les inégalités est la thématique de Grenoble Capitale verte en juin. Logement, mobilité, chauffage, santé... au-delà de la question de l'énergie, la précarité énergétique englobe de nombreux domaines qui creusent les inégalités sociales.





Selon la loi du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement, « est en situation de précarité énergétique une personne qui éprouve dans son logement des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou conditions d’habitat ».


Depuis 10 ans, l’Observatoire Nationale de la Précarité Énergétique (ONPE) scrute l’évolution du phénomène dans la société française. Si la définition officielle reste assez large, on considère en précarité les foyers dont les dépenses énergétiques sont supérieures à 8 % de leurs revenus. 3 millions de ménages étaient dans cette situation en 2020.

La précarité énergétique touche de nombreux domaines

L’énergie est également utilisée pour la mobilité du quotidien. Avec la crise énergétique actuelle et des prix à la pompe qui ne cessent d’augmenter, la difficulté des ménages à subvenir à leurs besoins élémentaires dans la mobilité se fait également sentir. À titre d’illustration, pour les ménages les plus vulnérables, les dépenses de mobilité représentaient déjà 15 % du revenu disponible en 2017 (Insee).
Enfin, avec les difficultés à régler les factures, les notions d’inconfort thermique et d’impossibilité de réaliser des travaux de rénovation pour réduire les dépenses sont aussi légion.

Que ce soit pour se chauffer ou se déplacer, l’impossibilité d’accéder à une énergie abordable génère de nombreuses inégalités sur différents domaines :

  • Santé ;
  • Accès à l’emploi : 1/3 des jeunes Français sans diplôme a refusé un emploi, faute de pouvoir se rendre sur le lieu de travail et 1 jeune sur 2 ne s’inscrit pas au permis de conduire pour des raisons financières ;
  • Mobilité : 13 millions de français sont en difficultés pour se déplacer quotidiennement ;
  • Confort : 20% des Français déclarent avoir souffert du froid pendant au moins 24h ;
  • Capacité à investir pour rénover son logement ou changer sa voiture et ainsi sortir des difficultés.

Pourtant, des mécanismes de soutien existent :

  • Le chèque énergie : 5,8 millions de ménages ont reçu un chèque énergie en 2021 permettant de régler leurs factures ou de payer des travaux de rénovation ;
  • MaPrimeRénov’ : subvention en faveur de la rénovation énergétique du logement dont le montant est modulé en fonction des revenus des foyers et de la nature des travaux ;
  • La prime à la conversion subvention en faveur du changement de véhicule dont le montant est modulé en fonction des revenus des foyers ;

Les éco-gestes sont à faire connaître, au quotidien, pour contribuer à limiter les déperditions et les dépenses énergétiques.

Et dans les communes ?

Des dispositifs sont mis en place pour lutter contre la précarité énergétique : aides complémentaires à la Prime air bois, aides financières à Meylan via le CCAS ou à Saint-Égrève pour des travaux de rénovation, plateforme de lutte contre la précarité à Grenoble...

En savoir plus


Pour aller plus loin

  • www.onpe.org
  • www.expertises.ademe.fr/batiment/quoi-parle-t/precarite-energetique-suivie-lonpe-sein-lademe
  • www.precarite-energie.org