Interview de William Meunier, chef du Service Climat et Environnement à la Métropole

TRANSITION ÉCOLOGIQUE RÉSEAU

Le 19 décembre dernier, le conseil métropolitain a voté l’arrêt du projet du Plan Climat Air Énergie Métropolitain. Il a été adopté par une large majorité (100 voix pour sur 119). Focus sur la méthode, le bilan, le contenu et les prochaines étapes à venir.

Quel bilan tirez-vous du Plan Climat 2020-2026 ?

Le début du PCAEM (2020) a été marqué par une actualité qui a freiné les projets (COVID, crise énergétique, inflation…) ; mais un contexte qui a favorisé la prise de conscience des enjeux environnementaux : feux, sécheresse, canicules, inondations, rapports du GIEIC…

A mi-2025, les grands projets structurants ont été engagés ou réalisés : Biomax, reconstruction du centre de tri, Pôle R, réseaux de chaleur périphériques…

Le bilan des actions des communes est positif. Plus de 300 actions ont été lancées ; 90 % sont en cours ou mis en œuvre.

Les actions et l’engagement ont été reconnus à l’échelle nationale et européenne, à travers plusieurs labellisations dont la Labellisation territoire en transition écologique TETE climat énergie 5 étoiles. Une belle reconnaissance du travail effectué par les communes, la métropole et tous les partenaires du Plan Climat !

Diagnostic – pages 18 à 41

Quels sont les points clés à retenir de ce nouveau plan climat ?

En préambule, rappelons que la révision du Plan Climat qui a débuté en septembre 2024 a été mené de façon collective. Nous avons capitalisé les réflexions en cours, au sein des instances et des programmes et stratégies existantes. Nous nous sommes appuyés sur des consultations comme celle menée pour la Plan Local de l’Habitat ou encore lors de la convention citoyenne de 2022-2023 pour intégrer la perception des habitants.

  • Le PCAET a vocation à constituer un véritable projet de territoire. L’ancien plan climat était construit autour des compétences de la métropole, chef de file. Désormais, la mise en œuvre des actions et in fine l'atteinte des objectifs fixés repose sur la mobilisation et l'engagement de tous les acteurs du territoire : acteurs publics, acteurs privés, associations et habitants. Le porteur de l’action n’est pas toujours la Métropole. Par exemple pour la rénovation dans le cadre du dispositif Mur Mur, c’est désormais l’habitant qui est le porteur de l’action.
    Le plan a été pensé pour responsabiliser chacun et donner à voir cet engagement collectif. On ne parle d’ailleurs plus de PCAEM (Métropolitain) mais PCAET (Territorial).
  • Adopter une trajectoire ambitieuse et réaliste, quis’inscrit dans les objectifs européens et nationaux. Le projet de plan permet de rehausser significativement les objectifs, au-delà des objectifs nationaux et européens connus à ce jour, en se dotant d'une stratégie à court, moyen et long termes (2030 – 2035 – 2050). La phase de diagnostic, ainsi que les nombreux échanges avec les acteurs et habitants du territoire ont permis d'identifier les principaux leviers d'actions, mais aussi les freins à la mise en œuvre. Nous avons essayé de trouver un équilibre, pour aller plus loin et plus vite.
  • Nous donner les moyens d’une transition juste.
    La transition écologique et énergétique repose sur une transformation profonde de notre société, sur le plan sociétal, économique et technologique. La contribution à la transition se doit d'être proportionnée en fonction des capacités de chaque acteur à agir.

Concernant la gouvernance, une réflexion est en cours pour ajuster les instances de gouvernance, de suivi et de pilotage, pour une gouvernance partagée et une meilleure implication des acteurs. On passerait d’une logique où la Métropole rend compte devant les acteurs à quelque chose de moins descendant, plus participatif, contributif, autour de collèges (acteurs publics, conseil scientifique, acteurs économiques…). Pour la société civile, composé principalement d’associations, nous envisageons de créer un panel de citoyens, à travers des gens tirés au sort, pour permettre une meilleure représentativité des voix sur le territoire.

Et concrètement ?

Le programme d’actions est structuré en 4 axes et 19 défis à relever

  • la réduction des émissions,
  • l'adaptation au changement climatique,
  • la mobilisation,
  • la gouvernance et le pilotage du plan.

Chaque fiche-action intègre un acteur principal et des acteurs impliqués, fait le lien avec les stratégies de référence (PLUI, Schéma de directeur énergie, Plan de déplacement des mobilités…), cite les conditions de succès, les leviers à mobiliser, les indicateurs de suivi, le calendrier et le budget associé.

Les actions sont classées selon les 3 enjeux traités : atténuation, adaptation et qualité de l’air.

Sur le volet atténuation, le plan s’inscrit dans la continuité du plan actuel. De grands projets sont inscrits comme le Service express régional métropolitain pour la mobilité, la sortie du charbon à la Poterne oula production de biogaz à Murianette par exemple.

Dans l’ancien Plan Climat, le sujet de l’adaptation était principalement traité à travers la question de la surchauffe. Il a été élargi aux questions des conséquences du dérèglement climatiques et aux risques associés. Le diagnostic nous a permis de partager les informations avec les acteurs du territoire, d’approfondir nos connaissances et nos compétences sur le sujet et proposer un plan d’actions plus ambitieux. Les actions intègrent désormais la question du risque. La protection des crues par exemple fait l’objet d’action comme la création d’un poste de pompage sur la Chantourne de la Tronche, ou encore les plans communaux de sauvegarde, qui proposent une approche du risques multithématique (risque, incendie…). L’accélération de la rénovation thermique des logements ou encore la sortie des énergies fossiles (fioul et gaz) font partie des actions-phare, qui s’inscrivent dans le nouveau Schéma directeur de l’énergie qui vient d’être publié.

Sur le volet qualité de l’air par exemple, les nouvelles normes de l’OMS sont ambitieuses. Afin de réduire l'exposition de la population à la pollution atmosphérique, l’OAP qualité de l’air du PLUI sera renforcé et élargit pour permettre son opérationnalisation.

Programme d’actions

Quelles sont les prochaines étapes ?

2026 sera l’année de la consultation du projet. Le projet va être adressé aux personnes publiques associés (Etat, région…), et transmis à la Mission Régionale d’Autorité Environnementale pour avis. Les élus ont souhaité décaler la consultation publique après les élections, pour donner la parole aux nouvelles équipes.
Cet automne, nous lancerons donc une consultation publique. Habitants, collectivités, acteurs publics de la Métropole et des territoires voisons, seront amenés à contribuer et à réagir au projet. Par voie électronique ou en accueil physique sur le territoire ou au siège de la Métropole… Les modalités restent à préciser. Nous répondrons ensuite point par point aux remarques, pour une intégration finale dans le projet, qui sera mis au vote début 2027.

Le PCAEM, qui va devenir PCAET pour intégrer la dimension territoriale, sera mis en œuvre sur la période 2026-2035.

 


 

Rappel des principales étapes

  1. Réalisation d’un diagnostic territorial (vulnérabilité, bilan des émissions, diagnostic socio-économique, etc.) – Octobre 2025 à Janvier 2026
  2. Elaboration d’une stratégie reposant sur une modélisation à 2030-2035-2050 et d’un programme d'actions – Octobre 2025 à Septembre 2026
  3. Réalisation d’une évaluation environnementale stratégique (EES) – Juin à Novembre 2025
  4. Arrêt du projet, mise à la consultation et adoption

 


 

Chiffres-clés

Le projet

  • 1200 pages
  • 5 documents
  • 13 mois de Travail

Objectifs chiffrés

  • Émissions de gaz à effet de serre : - 93 % en 2050 (base 2005)
  • Consommations d’énergie : - 58 % en 2050
  • Part de la production locale d'énergie renouvelable et de récupération dans la consommation énergétique (48 %) en 2050
  • Émissions d'oxydes d'azote – 88 % en 2035

 


 

Liens utiles

Documents du projet

  • Délibération (synthèse du projet)
  • Diagnostic
  • Bilan de la concertation
  • Stratégie
  • Programme d’actions
  • Evaluation environnementale

Révision : actualité à mi-juin


Redécouvrez les 3 dernières actualités de la thématique TRANSITION ÉCOLOGIQUE

  • Transition énergétique : des angles morts entre citoyens et élus

    lun. 19 janv. 2026

    Au vu des résultats 2025 de l’Observatoire de la transition énergétique réalisé par Ipsos pour Idex et Villes de...

    En savoir plus

  • 3 questions à Chloé Chaillet, chargée de communication à la Métropole

    ven. 12 déc. 2025

    Faciliter le changement de comportement des habitants et mettre en lumière les actions du territoire sur les questions...

    En savoir plus

  • Nouvel objectif climatique de l'Union européenne pour 2040

    mar. 9 déc. 2025

    Le Parlement européen valide l’objectif climatique de l’UE pour 2040, à savoir une réduction de 90 % des émissions des...

    En savoir plus