Adaptation aux risques

S’adapter aux risques revient à protéger la santé et le bien-être des habitant·es mais aussi les infrastructures et les activités. Cela passe notamment par des transformations en matière d’aménagement du territoire.

L'essentiel

L'objectif est en premier lieu d'approfondir les connaissances sur les évolutions à venir, notamment dans l'occurrence de certains phénomènes (canicules, inondations, feux de forêt...) en lien avec les bouleversements climatiques, afin de mieux s'y préparer et se donner les moyens de s'en protéger. On sait dès à présent qu'il existe des solutions pour y faire face : renforcement de la présence de l'eau et du végétal dans les villes et villages, limitation de l'imperméabilisation des sols, construction bioclimatique... Des actions qui vont de pair avec la protection de la biodiversité et contribueront à séquestrer le carbone.

Les risques

Les risques qu'il est nécessaire de prendre un compte sont les risques naturels (feux de forêt, inondations, sécheresses...), accentués par le changement climatique, ou encore ceux directement liés à ses conséquences (canicule, espèces invasives...) ou à celles des activités humaines (dégradation de la qualité de l'air...).

Listing non exhaustif des solutions possibles :

  • La canicule : mettre en place des mesures d'adaptation (prévoir des espaces refuges : parcs, fontaines, brumisateurs... et communiquer sur l'existence de ces lieux) ; s'organiser collectivement pour faire face (cantine froide, adaptation des horaires de travail et de l'accueil du public, ventilateurs...).
  • Les feux de forêt : entretenir la forêt ; sensibiliser tous les types d'usagers·ères aux bonnes pratiques ; augmenter la surveillance lors des périodes caniculaires.
  • Les inondations : anticiper les aménagements et les constructions ; éviter le ruissellement et favoriser l'infiltration des eaux pluviales (voir la page Végétalisation et lutte contre l'artificialisation).
  • La sécheresse : adapter les espèces végétales au manque d'eau.
  • La qualité de l'air extérieur : sensibiliser aux enjeux et aux bonnes pratiques (chauffage au bois, mobilité...) ; faire preuve de vigilance quant aux aménagements, en lien avec les recommandations de la carte stratégique air métropolitaine et de l'OAP Air du PLUi ; d'autres d'informations sur les pages Mobilités et Habitat.
  • Les espèces invasives : les prendre en compte dans la gestion des espaces verts ; sensibiliser les habitant·es quant à la lutte contre ces espèces.

Les îlots de chaleur urbains

On constate de manière récurrente qu'il fait plus chaud en ville qu'en périphérie ou dans les espaces naturels. Ce climat local lié à l'urbanisation entraîne des problèmes en termes de santé et de bien-être, surtout l'été en période de fortes chaleurs. On parle alors d'îlots de chaleur urbains (ICU).

Ce phénomène est lié à plusieurs facteurs :

  • Les matériaux utilisés pour la construction des bâtiments, des voiries et autres infrastructures,
  • L'occupation du sol (sols minéralisés, absence de végétation),
  • La morphologie urbaine (voies de circulation importantes, imbrication des bâtiments limitant la ventilation...),
  • Le dégagement de chaleur issu des activités humaines (moteurs, systèmes de chauffage et de climatisation...).

Pour aller vers un confort d'été, des solutions existent :

  • En préventif, à travers une anticipation : positionnement des bâtiments entre eux, organisation des logements (aération traversante, orientation des bâtiments...), revêtements utilisés, limitation de l'artificialisation...
  • En curatif : mesures de températures pour identifier les problèmes et les actions à mener, changement du revêtement pour un meilleur pouvoir de réflexion de la lumière (albédo), intégration de végétal pour un apport en ombre et en humidité...

Pour aller plus loin concernant le patrimoine communal, une stratégie d'adaptation globale peut être mise en place. Cette stratégie peut s'appuyer sur des actions de différents types : établir un état des lieux de la situation initiale, privilégier le confort passif, travailler sur les bâtiments scolaires, élaborer une stratégie « puits de fraîcheur » pour les périodes de canicule... Plus d'informations dans cet article de l'ALEC.

La ressource en eau

Pour préserver la ressource en eau, il convient de travailler sur sa qualité et sa quantité.

Qualité :

  • Mobiliser les agriculteurs·trices et les habitant·es pour réduire leur usage de pesticides et fertilisants à travers de la sensibilisation ou une contractualisation.
  • Travailler avec les exploitants forestiers pour réduire la pollution des sols et des nappes phréatiques par les hydrocarbures des machines et lors du brassage de la terre.

Quantité :

  • Favoriser un usage économe que ce soit par les agriculteurs·trices, les bâtiments publics ou les habitant·es.
  • Déconnecter les eaux pluviales, favoriser leur infiltration dans les sols.
  • Mettre en place des systèmes de récupération d'eau de pluie.

Enfin, pour tous les sujets liés aux risques, il est primordial de s'organiser en interne, de diffuser les bonnes pratiques et d'informer les habitant·es et les acteurs du territoire.

Sources : ALEC ; CEREMA ; PCAEM 2020-2030

Les bonnes pratiques

Échirolles : lutte contre les îlots de chaleur

Élaboré transversalement par les services et présenté en juin 2019 aux échirollois·es, le plan d'adaptation au changement climatique de la commune s'appuie sur seize actions. Les questions de renforcement de la présence de l'eau et de végétalisation de la ville, de lutte contre les îlots de chaleur et de développement des îlots de fraîcheur, de conception alternatives des bâtiments, espaces publics et projets urbains en font partie. Tout comme celles d'optimisation de la gestion des équipements publics, de prévention des fortes chaleurs ou des maladies liées aux polluants. En 2019, la commune a mandaté un prestataire pour mener une étude sur le phénomène d'îlots de chaleur urbains (ICU) afin de disposer d'une cartographie du territoire. Les résultats permettent à Échirolles d'avoir une modélisation globale de l'ICU consolidée à l'échelle communale et des « local climat zones » (LCZ), et de croiser avec les indicateurs de formes urbaines. La commune dispose ainsi de cartes de densité de l'occupation du sol influant sur l'intensité de l'ICU : densité de bâtiments, part de la végétation haute (arbres) et basse (surfaces enherbées), fraction de surfaces perméabilisées, etc. Une nouvelle campagne de mesures a été réalisée à l'été 2020 avec un doublement des capteurs (une trentaine au total). Suite à cela, la ville a entrepris de développer un outil de diagnostic et d'aide à la décision visant à caractériser finement l'ICU sur son territoire, et à définir une stratégie d'intervention pour la maîtrise de l'ICU et de l'inconfort thermique en période estivale. Les résultats de l'étude, les mesures de température et le SIG sont autant d'outils devant aiguiller les élu·es et les services pour définir pour chaque quartier des objectifs cibles en matière d'intensité de l'ICU, vers lesquels tendre en agissant sur les éléments de morphologie urbaine les plus influents au regard des situations rencontrées. De quelle manière ? En végétalisant et en desimperméabilisant les sols et places minérales, en multipliant les jeux d'eau en extérieur dans le cadre d'animations en été, l'installation de fontaines pour se rafraichir, de brumisateurs et de fontaines pour se désaltérer. L'enjeu est d'autant plus important dans une commune avec des populations subissant la précarité économique n'ayant pas la possibilité de partir en vacances ou en montagne pour éviter les vagues de chaleur estivales. Plus d'informations sur le plan d'adaptation d'Echirolles sur cette fiche retour d'expérience d'AURA-EE.

Contact à Échirolles : Agnès Quesne, Responsable du service environnement et développement durable - a.quesne@ville-echirolles.fr

Pour emboiter le pas aux communes d'Échirolles et de Grenoble, la Métropole lance une étude sur l'ensemble du territoire métropolitain sur le sujet des îlots de chaleur. Contact : William Meunier, Chef du Service environnement air climat - william.meunier@grenoblealpesmetropole.fr

Saint-Martin-d'Hères : la place Lucie Aubrac, un archipel de jardins de pluie

J. Champrès - Cerema
En 2007, lors de la requalification de cette place très fréquentée, la commune a voulu assurer l'infiltration de l'eau pluviale des espaces piétons. La place réaménagée contribue à la gestion intégrée des eaux pluviales de la place et de toitures proches et à la réduction du phénomène îlot de chaleur, tout en préservant ses usages multiples et en améliorant le cadre de vie. La contrainte était la forte fréquentation de cette place (logements, collège, maison du handicap, commerces, gymnase notamment se trouvent à proximité), aux usages variés. La réalisation d'un bassin unique a donc été abandonnée car trop consommatrice d'espace, au profit de plusieurs îlots de végétation permettant l'infiltration de l'eau de pluie. Les sols en sable stabilisé renforcé mis en place sur les îlots de la place permettent de gérer les eaux pluviales tout en accueillant un écosystème favorable à la biodiversité. Les jardins de pluie, qui permettent une infiltration directement dans la nappe via des buses, renforcent l'innovation. La place a retrouvé un aspect attractif malgré des contraintes fortes. Sources et plus d'informations sur le site du CEREMA et dans cette fiche retour d'expérience.

Contact à Saint-Martin-d'Hères : environnement@saintmartindheres.fr

Grenoble : carte des points de fraîcheur de la ville

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Dans son journal communal spécial été 2019, le Gre.mag, la commune a publié une carte des lieux où se rafraichir dans l'espace public. Cette carte recense les parcs et zones végétalisées, les rivières et bassins, les piscines, les jets d'eau et brumisateurs, les jardins et vergers partagés, les baignades et sites de montagne accessibles en bus. Y figurent aussi les bibliothèques et musées municipaux qui sont climatisés et dont l'accès est rendu gratuit en cas d'épisode de canicule ; au verso, les bons gestes, les numéros utiles, les signaux d'alerte d'un coup de chaleur. Elle a été distribuée dans les Maisons des habitant·es, les écoles, les crèches, les services à domicile du CCAS, les bibliothèques, à l'Office du Tourisme, à l'Eté Oh! Parc... Grenoble a aussi publié un communiqué de presse avec cette cartographie afin que la presse locale relaie également l'information. Cette action s'inscrit dans le Plan canicule municipal 2018-2020 qui vise à identifier et renforcer les actions municipales déjà existantes de lutte contre la chaleur et à mettre en place de nouvelles actions, en priorité pour protéger les publics vulnérables.

Contact à Grenoble : Anne-Cécile Fouvet, projets Air-Climat - anne-cecile.fouvet@grenoble.fr

Bassin rennais (35) : label et débouchés pour les agriculteurs·trices qui protègent l'eau potable

Eau du Bassin Rennais
En échange de pratiques plus vertueuses, les agriculteurs exploitant sur les zones de captage d'eau potable d'Eau du bassin rennais (EBR) ont accès depuis 2015 au label Terres de Sources® et aux marchés publics des restaurants scolaires. Tout agriculteur ou agricultrice candidat·e au label Terres de Sources® s'engage sur un cahier des charges de production : il y en avait trois en 2015 sur le premier marché public, on en compte aujourd'hui une quarantaine en vue du troisième marché. Depuis l'été 2019, les premiers produits grand public Terres de Sources® ont rejoint les rayons des supermarchés. Une dizaine d'agriculteurs·trices est déjà engagée et 35 s'apprêtent à les rejoindre. A terme, 750 agriculteurs·trices pourraient rejoindre la marque qui devrait être gérée sous forme de Scic associant producteurs·trices, collectivités et représentants de consommateurs·trices. C'est un projet né de l'eau mais qui intègre aujourd'hui tous les enjeux d'autonomie alimentaire, de biodiversité, d'effet de serre. Source et plus d'informations : Banque des territoires.

Les ressources